Le dernier roman d'Anne Yvonne Pasquier - La Saison des Chevaux - vient de paraître


Madeleine était médecin urgentiste. Nous la découvrons en dépression profonde depuis qu’une intervention a tourné au drame.

La première partie du roman plonge d’un coup le lecteur dans son enfer – son enfermement – quotidien ; lequel va être bousculé par un nouvel évènement survenu dans la propriété qu’elle habite seule depuis le départ de Nathan. Madeleine pourrait bien sombrer définitivement après ce nouveau choc, à moins que sa violence la pousse à sortir de sa prostration et de son apathie. Car la nature et la vie sont là, autour d’elle, en effet. Alors, sensations et émotions vont-elles prendre le dessus ?

Pour tenter de remettre sa vie en ordre, c’est aux objets et aux gestes du quotidien que Madeleine a imposé un ordre quasi maniaque qu’elle étendra bientôt aux soins et au harnachement des chevaux, ainsi qu’aux itinéraires des promenades qu’elle se force à entreprendre dans la vallée. Mais ce rituel des habitudes est ébranlé quand elle se découvre immergée dans la nature, partie d’un tout et non plus contemplatrice détachée comme avant.

L’auteur nous entraîne, grâce à une vaste connaissance du végétal et des animaux – en tout premier les chevaux – dans cette intimité avec la nature qui soutient Madeleine encore privée - provisoirement ? - de son élan affectif. Et, au milieu de cette nature où le cosmos, le chaud, le froid, la neige, la pluie, le vent, enveloppent le vivant, l’obsession du rituel de Madeleine va se muer en une sorte de cérémonial, de quête spirituelle frisant parfois le sacré, réminiscence, peut-être, de culture japonaise.

Yves Labbé