SIN, ELLE poèmes de LIAM

Cette Anthologie en ligne est un "Lieu de diffusion" par thèmes, tenu par Frédéric VITIELLO et réservé aux poètes, , pour que se retrouvent ici ceux à qui des sujets comme l’Amour, la Liberté, la Terre, ...parle au plus profond d’eux mêmes : L’amour , mais qu’est ce que l’amour ? C’est cet élan indéfinissable, aussi ancien que l’est notre planète, qui pousse une personne vers une autre, ce sentiment de profond abandon vers cet être autre qui remplit alors l’existence et l’imaginaire dans une confiance totale et une relation physique de proximité, sexuelle ou platonique. On est là proche des sentiments les plus variés, mais aussi les plus complexes. Bon nombre d’auteurs ont tenté de définir, d’exprimer cet état universel. On pense tout de suite bien sûr au symbole fort de Roméo et Juliette, Amour heureux, Amour déçu. Le thème est tentant encore aujourd’hui pour nos auteurs, riches dans ce domaine.
S I N Pour tes cheveux de vent Qui partagent mes yeux, Déchirent les remords perdus, Je veux griffer la nuit Et tordre mes angoisses, Epurer le désert de toute solitude, Crier, crier, crier ma nudité émue Devant ton foyer offert. De sables, de citadelles, Parsèmerais-je mon rêve ? Et Prenant dans tes iris Le feu de ta Bretagne …… Bâtir femme plénière, Bâtir ma celtitude, Blottis contre tes seins. E L L E Mince, blonde aux cheveux longs, Telle fut ma mie rêvée dans mon adolescence ; Tandis que 68 s’apprêtait à tonner, A verser son chagrin de violons ; La victoire tendait maintes arborescences Au jeune homme intrépide qui allait s’envoler. Je fus l’élu sous le ciel languedocien, Rendis les armes, le cœur, le corps, mais attrapait La vie Par la plus haute branche. Elle vint telle qu’en mes rêves, exigeante et fugace, Comme une scie acide qui révulse et agace ; Mettant ainsi mes humeurs, mes feux de glace, A l’épreuve de l’amour invité à la plus haute place. Je fus l’élu d’une femme enivrante Celte, rugueuse, secrète, fermée comme une tortue : Je dus fendre la carapace pour accéder au flanc De la déesse mise au feu à la plus haute vue. Elle fut l’élue, D’Occitanie en Bretagne, d’Irlande en Ecosse. Il n’est d’usurpation plus haute qu’au vaisseau de l’amour [*], Mais mon navire est bien plus qu’un fantôme, Il hante des espaces inconnus de beaucoup, Il a conquis des rêves et même les plus fous Il a ravi la femme … et s’est trouvé conquis. [*] = Saint John Perse Liam (1947-2037) vit en Bretagne depuis 1988. Scientifique et poète, doté d’une double formation et d’une double pratique en Sciences Physiques et en Sciences Sociales, Liam Fauchard (plus connu sous le sobriquet de Liam) a publié une vingtaine d’ouvrages : romans, essais, récits, poésies et haïkus, nouvelles... et des centaines d’articles de presse. Auteur de l’Anthologie en trois volumes de "Causeries au coin du poème", rencontre avec 90 poètes du système solaire. Il est fondateur du Groupe FUTUROUEST en 19992. J’AI EPOUSE LA PLUIE Dans un vent de Galerne un soir d’Automne Me voilà face au temps venu de l’océan ; Et lorsque j’entraperçois le flanc de la colline La pluie vient me ravir ce rendez-vous du souffle Me dépose, m’entrepose, me repose ainsi Qu’un morceau de calvaire breton ou encore Une tour sur l’étendue magique de Glendalough. L’eau est source de vie et complète l’ardoise Des dettes entretenues avec le continent. La pluie vient-elle des nues ou de ta nudité Attirant le pointeau que je garde en réserve Lorsque dans des orages épidermiques Tu ouvres l’auberge de tes cuisses et, Dans un tremblement de muscles et de chairs Nous inondons la terre de nos muscs féconds. Epousant le granit de l’espace Armorique, La femme celte fière alors j’ai épousée, Aux gémissements des rias, des abers, L’amour s’est redressé au mitan de la nuit ; L’étreinte de la femme a déchaîné l’averse, Enfin, J’ai épousé la pluie.