AU CIEL , ET COULENT NOS YEUX...poèmes de Jean-Albert GUENEGAN

Cette Anthologie en ligne est un "Lieu de diffusion" par thèmes, tenu par Frédéric VITIELLO et réservé aux poètes, , pour que se retrouvent ici ceux à qui des sujets comme l’Amour, la Liberté, la Terre, ...parle au plus profond d’eux mêmes : L’amour , mais qu’est ce que l’amour ? C’est cet élan indéfinissable, aussi ancien que l’est notre planète, qui pousse une personne vers une autre, ce sentiment de profond abandon vers cet être autre qui remplit alors l’existence et l’imaginaire dans une confiance totale et une relation physique de proximité, sexuelle ou platonique. On est là proche des sentiments les plus variés, mais aussi les plus complexes. Bon nombre d’auteurs ont tenté de définir, d’exprimer cet état universel. On pense tout de suite bien sûr au symbole fort de Roméo et Juliette, Amour heureux, Amour déçu. Le thème est tentant encore aujourd’hui pour nos auteurs, riches dans ce domaine.
Au ciel, tu as jeté les clés d’une aube de sourire et d’un rêve prenant ma main fébrile. Enlacée dans l’arôme de l’été, tu marches à mes côtés. Bien plus qu’une rencontre enfantine et douce, tu m’es venue tel un soleil né d’un premier rendez-vous de longue date attendu. J’ai toujours cette grâce d’être la plume de ton cœur d’épeler le temps qui n’a de poids que la lente écriture sur le blanc de nos âmes. Tu m’es bien plus qu’un oiseau qu’un clin d’œil apprivoisé, mes ailes éternellement libres s’apprêtent à refaire ton paysage. J’ai la forme humaine d’un baiser. Appuyé sur les cinq doigts du temps, je me grandis et m’adoucis dans tes voiles. A la terrasse des jours je ne chante rien je te murmure le grand bain de la vie, que les mots font voyager. -------------------------------------------------------------------------------------- Et coulent nos yeux en cette fin de dimanche. Je suis tout aux souvenirs de la première brûlure quand nos âmes se sont échangées illuminées, consumées, se sont dit oui et ouvertes à l’éternel. Ce soir, en cette église qui a marié nos cœurs jeunes entre catéchisme et confesse jusqu’à la brisure des vitraux, le temps n’existe pas et je te cueille des fruits comme du temps où tu étais ma petite voisine sur la colline du vent. Sur mes pas enfantins je reviens, crépitant du même feu alors que l’orgue joue m’ensoleille, gonfle mes poumons me réjouit, m’attriste et me comble au-delà de moi-même. De toi je n’ai pas de lettre qui me ferait danser sur le miroir d’eau des nuits, de mots à chasser la fièvre quand submergé d’amour, tu es l’avenir à mes côtés. En cette fin de dimanche de première fois je te redis oui et je t’emmène au firmament pour le reste des jours. Jean-Albert Guénégan est un poète breton né en 1954 à Morlaix où il vit. Il a publié de nombreux recueils : Les rives de soi, Une moitié de ciel, Poème à demeure et un livre poignant consacré à l’impensable horreur du monde carcéral : Pontaniou les barreaux. Il a été président du comité Tristan Corbière lors du 150e anniversaire de la naissance du poète. Vient d’obtenir la création d’un timbre poste philatélique de collection à l’effigie de Tristan Corbière. Sources: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Albert_Gu%C3%A9negan